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octobre 2018

Don du sang : La discrimination institutionnalisée continue envers les hommes homosexuels

By | Don du sang | No Comments

Les députés ont rejeté ce jeudi 11 octobre 2018 le projet de loi visant à simplifier les conditions demandées aux hommes homosexuels pour donner leur sang, par 29 voix contre 23.

Ce vote a divisé jusque dans les rangs de la majorité LREM-MoDem, à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi portée par Damien Abad, député LR de l’Ain.
Agnès Buzyn, pourtant favorable dans un premier temps à cet amendement, estime à présent qu’il ne faut pas inscrire dans la loi de critère de sélection pour les donneurs de sang, qui feraient prendre un risque, un jour, par rapport à un éventuel nouvel agent pathogène. Une rétractation bien hypocrite et sans aucun fondement scientifique qui montre un profond manque de courage de la part de la ministre de la santé.

« L’abstinence de douze mois n’a aucun fondement ni juridique ni scientifique »,

a estimé M. Saulignac.

Réaction d’Hervé Saulignac sur Tweeter

Mais la discrimination d’Etat envers les hommes homosexuels vis-à-vis du don du sang ne s’arrête pas là. En effet, le Conseil d’Etat estime pour sa part que la mesure n’est pas discriminatoire en se basant sur des chiffres vieux de 6 ans.
« Selon les travaux de l’Institut de veille sanitaire, la prévalence de porteurs du VIH est environ 70 fois supérieure chez les hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes. (…) La proportion de personnes nouvellement contaminées au cours de l’année 2012 était 115 fois supérieure chez ces hommes que dans la population hétérosexuelle. »

(source : Le Monde)

L’Assemblée Nationale, le ministère de la santé ainsi que le Conseil d’Etat refusent donc de mettre fin à une discrimination insupportable touchant les donneurs homosexuels masculins en s’appuyant sur des hypothèses sans aucun fondements scientifiques et des chiffres qui ne sont plus d’actualités.
Au-delà même du besoin en don de sang qui ne cesse d’augmenter en France depuis ces 15 dernières années, on assiste une nouvelle fois à une discrimination institutionnalisée dans l’accès au don vis-à-vis des hommes homosexuels, d’autant plus absurde que la communauté gay a pris la pleine mesure du risque VIH depuis plusieurs décennies, et ce bien avant de nombreuses autres communautés ayant des pratiques à risque.
Pour conclure, rappelons simplement l’Article L1211-6-1 du Code de la santé :

« Nul ne peut être exclu du don de sang en dehors de contre-indications médicales.

Nul ne peut être exclu du don de sang en raison de son orientation sexuelle. »

Don du sang : Une discrimination qui touchait les homosexuels supprimée par l’Assemblée Nationale

By | Don du sang | No Comments

Désormais, plus besoin pour les homosexuels de respecter un an d’abstinence sexuelle pour pouvoir donner leur sang. La commission des Affaires Sociales a adopté un amendement permettant d’aligner la durée demandée aux homosexuels sur celle des hétérosexuels.

Un pas vers l'accès au don du sang pour tous

Les députés ont votés, le 03/10/2018, un amendement alignant la durée d’abstinence des homosexuels sur celle des hétérosexuels, soit quatre mois d’absence de relations avec plusieurs partenaires.
Adopté le 03/10/2018 en Commission des Affaires Sociales, cet amendement prévoit que :

« Pour tout homme donneur et toute femme donneuse, aucune distinction ne doit être faite en fonction du genre et sexe du ou des partenaires avec qui il ou elle aurait entretenu des relations sexuelles. »

Le Code de la Santé prévoit en théorie que « nul ne peut être exclu du don du sang en raison de son orientation sexuelle ».
En théorie seulement puisque auparavant, les hommes homosexuels devaient justifier d’un an d’abstinence lors d’un entretien spécifique préalable à chaque don, véritable barrière pour chaque donneur homosexuel. En pratique, jusqu’à la semaine dernière, une personne hétérosexuelle pouvait donner son sang et avoir plusieurs partenaires (en respectant les délais spécifiques) alors qu’un homosexuel ne pouvait donner son sang, même s’il était en couple depuis plusieurs années !
Pour mettre fin à cette pratique injuste et discriminatoire, Hervé Saulignac, député de l’Ardèche, a déposé un amendement à la proposition de loi « consolidation modèle français du don du sang ». Le député de l’Ardèche soutient que le « critère d’abstinence exclut de fait les hommes homosexuels du don du sang. C’est une contradiction profonde à laquelle il appartient au législateur de mettre fin », a-t’il également souligné.
Joël Deumier, président de SOS Homophobie a salué cette démarche en déclarant que « La loi doit retenir comme critère les comportements à risques et des populations à risques ».

Hervé Saulignac se félicite sur Tweeter

Les besoins au quotidien

Secours d’urgence, interventions chirurgicales, maladies du sang, cancers… En France, les besoins pour soigner les malades nécessitent un peu plus de 10 000 dons de sang par jour.
Aujourd’hui, il n’existe aucun traitement ni médicament de synthèse capable de se substituer au sang humain et aux produits sanguins issus des dons de sang. Cet acte volontaire et bénévole est donc irremplaçable. En 2016, 520 591 patients ont bénéficié d’une transfusion.
Le don de sang permet de soigner plus d’un million de malades chaque année en France. Irremplaçables et vitaux, les produits sanguins sont utilisés dans deux grands cas de figure : les situations d’urgence (hémorragies lors d’un accouchement, d’un accident, d’une opération chirurgicale…) et les besoins chroniques (maladies du sang et cancers).

(source : EFS)

Les périodes de congés et d’épidémies (grippes, etc…) sont des périodes particulièrement sensibles, mais la rentrée signe aussi la reprise d’une activité hospitalière soutenue (opérations programmées…), et donc, une hausse de la consommation en produits sanguins.
Les produits sanguins issus des dons ont une durée de vie limitée. La mobilisation de tous les donneurs est donc nécessaire de manière régulière et continue. L’amendement voté mercredi à l’Assemblée Nationale va permettre de favoriser l’accès au don pour tous et permettre de répondre à la demande des patients, qui reste importante toute l’année.
La proposition de loi réduite à deux articles sera examinée dans l’hémicycle le 11 octobre, à suivre !